Une bombe!

La petite histoire d'une maladie sournoise...

 

 

 

 

 

 

 

Ma maman, à l'aube de ses 40 ans.

Si parfaite, toujours belle.....bien mise et qui sentait si bon, n'est plus.

 

Aujourd'hui , à cause de l'ALZ , je dois faire le deuil de cette maman.

Certes, elle est toujours là, mais tellement différente. Peu à peu, je m'y

habitue. J'apprends à accepter sa différence et à aimer cette nouvelle

maman. J'ai si peur.

 

Elle était douce, patiente et aimable. Elle peut l'être encore.... parfois, pas

tout le temps. Alors elle devient agressive, changeante et imprévisible.

Du coup, je me dis que le jour où elle aura plié l'échine, peut-être qu'elle

ne me reconnaîtra plus. Alors je profite du sursis et du temps qui passe

pour me faire à l'idée.

 

Je souhaite que la descente aux enfers soit douce, mais pas trop longue,

parce que c'est trop dure à supporter pour elle comme pour moi.

D'ici là, j'essaie de ne pas prendre toute la place.....pour lui laisser la

sienne, sinon elle se fâche. Elle se rebelle contre moi, bien sûr, les absents

ont toujours le beau rôle.

 

Ha !! si papa était vivant, tout serait si différent.

Le patriarche aurait su comment gérer la crise, car la maladie apporte son

lot de peurs et d'incertitudes, et laisse aussi souvent les familles

déchirées; le plus dure pour moi.

Rejetée, ignorée, j'avance pas à pas dans la maladie, seule, effrayée,

apeurée, si seule...

 

Je me fie à mon instinct qui ne m'a pas si mal servie jusqu'à ce jour.

Je deviens psychologue amateur et j'apprends à faire de petits

mensonges pieux. L'unique bon côté de la maladie, c'est qu'elle oublie.

Même si je fais courbettes et enjambées pour lui plaire et lui offrir le

meilleur, certains aspects et concepts, pourtant si simples lui échappent

totalement. Je m'épuise.....elle m'épuise..... parfois..... souvent.

En tant que mandataire et aidante naturelle, comment puis y échapper ?

En tentant du plus profond de mon coeur de faire ce que je crois le meilleur

pour maman et en essayant de me mettre à sa place. Oui, me mettre à sa

place. Quand je cherche mes clés pour quelques instants, j'essaie de

comprendre comment peut être sa vie, alors qu'elle se cherche tout le

temps.

 

Et quand je commence à perdre patience, alors qu'elle me pose et repose

la même question dix fois de suite, j'essaie de la rassurer et de lui dire que

finalement, ce n'est pas si important et je change de sujet.

Ouf ! comme c'est épuisant....

Avec l'aide de mon amoureux et de mes amies, je m'évade en gardant un

oeil sur elle et en laissant de côté la culpabilité.

 

Du moins, j'essaie.

Elle et moi avançons pas à pas, jours après jours.

Sa maladie me ramène à l'essentiel, ses besoins primaires et l'amour que

nous avons l'une pour l'autre.

Un jour à la fois.

Du moins, j'essaie.

 

Je t'aime maman.

Et merci pour tout l'amour que tu m'as donné.

Bien humblement, je te retourne l'ascenseur tout naturellement.

Du moins, j'essaie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ta fille qui t'aime,

France

 

 

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